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Envoyé Spécial les réseaux sociaux l’achat de fans, followers ou like

De nos jours, la célébrité se joue en un clic. La toile regorge d’inconnus qui publient leurs vidéos amateurs afin de se faire remarquer du grand public et espérer rejoindre le groupe très sélect des Youtubeurs aux millions de vues. Mais ce compte de fée 2.0 cache aussi de nombreuses arnaques. Hommes politiques, stars de la chanson ou de la télé, grandes marques, professionnels de la communication, beaucoup sont prêts à recourir à l’achat de fans pour booster leur e-réputation. Mais à ce petit jeu, les journalistes d’Envoyé Spécial ont compris qu’il fallait faire très attention à ne pas se faire prendre..

De nos jours, la célébrité se joue en un clic. La toile regorge d’inconnus qui publient leurs vidéos amateurs afin de se faire remarquer du grand public et espérer rejoindre le groupe très sélect des Youtubeurs aux millions de vues. Mais ce compte de fée 2.0 cache aussi de nombreuses arnaques. Hommes politiques, stars de la chanson ou de la télé, grandes marques, professionnels de la communication, beaucoup sont prêts à recourir à l’achat de fans pour booster leur e-réputation. Mais à ce petit jeu, les journalistes d’Envoyé Spécial ont compris qu’il fallait faire très attention à ne pas se faire prendre..

La radio Europe 1 a créé en 2011 “Le Lab”, un site internet dédié à la vie des politiques sur les réseaux sociaux. Cinq journalistes de la rédaction suivent quotidiennement les déclarations des politiques sur ces plateformes virales, ainsi que la fluctuation de leur nombre de followers.

Twitter passé au peigne fin

L’un des outils utilisés pour surveiller l’activité des hommes poltiques sur Twitter est TweetDeck. Cette application permet de consulter et gérer plusieurs comptes en même temps. En personnalisant les critères de recherche, il vous suffit d’entrer le compte de la personne à suivre et le tour est joué.

Thibaut Pezerat, l’un des journalistes du Lab, est à l’affut du scoop, du tweet manqué, de la phrase choc, mais il garde aussi un œil sur les éventuelles activités anormales des comptes de politiques.

Gonfler artificiellement les chiffres, une pratique interdite

Derrière ce travail méthodique, le journaliste cherche à débusquer ceux qui auraient recourt à l’achat de followers sur Twitter, une méthode de plus en plus répandue, et pas vraiment honnête.

En inspectant le profil des abonnés, il est assez facile de remarquer si les comptes sont réels ou ont été achetés. Prenons l’exemple d’un homme politique français peu connu du grand public, le fait d’avoir des milliers de “followers” est suspect. D’autant plus si ces abonnés viennent des quatre coins du monde et ne parlent pas le français. Autre moyen du Lab pour fonder ses soupçons, si le nombre d’abonnés explose en très peu de temps, alors que le personnage politique n’a aucune actualité récente permettant d’expliquer ces chiffres.

L’achat de “followers”, dans quel but ?

Pour un homme politique, qu’il soit connu ou non, sa présence sur les réseaux sociaux est devenu un élément fondamental, tel un prolongement de son action politique. Avec l’achat de “followers”, les hommes politiques espèrent se faire remarquer, accroitre leur e-popularité, et par là-même leur réputation tout court. Mais c’est un jeu dangereux et certains – tel que Nadine Morano – se seraient fait prendre la main dans le sac. Pourtant, l’eurodéputée a démenti avoir eu recours à l’achat d’abonnés fantômes.

Une simple recherche sur Google nous permet de tomber sur cette agence de markéting digital. AcheterDesFans.com est une jeune entreprise. En deux ans, son directeur Thibaut Trézières affirme avoir vendu près de 7 millions de fans, 10 millions de “followers” et 27 millions de vues à des clients français. Mais ils ne sont pas les seuls sur le marché, les sites d’achat de fans se multiplient sur la toile.

Une notoriété fragile

Selon Thibaut, ses clients appartiennent majoritairement au milieu artistique. Agents et impresarios n’hésitent pas à avoir recours à ce système pour booster la page Facebook ou le compte Twitter d’un de leurs poulains.

Dans cet extrait, un client anonyme contacte l’agence de Thibaut pour s’assurer de la réception de 10 000 fans Facebook. Livraison garantie en temps record. 48 heures pour cette commande, avec la garantie que les fans restent. Car le risque, c’est que quelques semaines après la livraison, la moitié des comptes disparaisse et que les compteurs reviennent à zéro.

Un autre type de clientèle fait aussi appel aux services de l’agence. Des petits entrepreneurs qui ont cruellement besoin de notoriété sur les réseaux. Selon Thibault Trézières, ces particuliers “veulent montrer qu’ils y arrivent, que ça bouge, que leur projet avance.” Pourtant, aucun client n’a accepté de répondre aux questions de nos journalistes. La méthode semble peu assumée et la crédibilité des clients est engagée.

Qui se cache derrière ces faux fans ?

Moins chers, temps de livraison resserrés, ces identités numériques ne sont pas générées sur le territoire hexagonal. “On fait appel à des personnes dans les pays à faible coût” déclare Thibaut. Les fans ne sont donc pas Français, ils sont basés en Inde ou au Pakistan où le business des faux “followers” est en plein essor.

Un jeune patron décomplexé

Pour sa part, le jeune patron n’est absolument pas gêné et défend son produit. Il estime que la tromperie en markéting n’est pas un phénomène nouveau. Selon lui, les marques développent une image souvent fondée sur de la publicité mensongère. Ils vont à la pêche aux consommateurs à travers un discours parfois fallacieux. “Les entreprises ont toujours cherché à améliorer leur confiance en trompant plus ou moins leurs clients” insiste Thibaut.

Voilà peut-être le cœur du problème, en amalgamant les concepts de mensonges et de confiance, comment savoir la vraie valeur des marques et la vraie notoriété de certains artistes ?

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