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Google veut inventer la pilule qui détecte le cancer et l’infarctus

Dans le cadre d’un nouveau projet à long terme, le Google X vient de dévoiler qu’il cherche à mettre au point un moyen de détecter des cancers rapidement grâce à des nanoparticules ingérées via une pillule.

Dans le cadre d’un nouveau projet à long terme, le Google X vient de dévoiler qu’il cherche à mettre au point un moyen de détecter des cancers rapidement grâce à des nanoparticules ingérées via une pillule.

Tout commence par un accident de bicyclette. Par une belle journée de février 2013. Tom Stanis, ingénieur informaticien de 36 ans qui travaille sur le portefeuille électronique de Google, est renversé par une voiture. Transporté à l’hôpital, un scanner détecte quelques contusions, un cou un peu froissé, mais aussi et surtout une tumeur au niveau du rein. Opéré rapidement et a priori sauvé, Tom Stanis décide alors de faire quelque chose pour sauver ceux qui n’ont pas la chance d’être diagnostiqués si tôt.

Une patrouille contre le cancer

On retrouve Tom Stanis quelques mois plus tard au sein de l’équipe des Sciences de la vie d’Andrew Conrad, qui a rejoint le Google X, le laboratoire de recherches à long terme de Google. Et c’est l’arrivée de Tom Stanis et son histoire qui ont fait que l’équipe du Dr Andrew Conrad s’est lancée dans le projet dévoilé hier, lors de la Wall Street Journal Digital Conference : des nanoparticules magnétiques, qui « patrouillent » le corps humain au fil du flux sanguin pour détecter des traces de cancer et d’autres maladies.

Mille fois plus petite qu’un globule rouge, ces nanoparticules sont capables de rechercher un type de cellule, de protéine ou de molécule et de s’y attacher. Google travaille également sur un appareil wearable équipé d’aimants pour attirer ces particules et les compter. Ce serait ainsi un moyen de surveiller une partie de l’activité interne du corps du porteur pour sonner l’alerte en cas de détection de cellules cancéreuses. « Tous les tests que vous faites habituellement chez un médecin seront réalisés par ce système », explique Andrew Conrad, avant d’ajouter « c’est notre rêve ».

Une longue route

Un rêve, en effet, car les premières applications concrètes ne devraient pas voir le jour avant au moins cinq ans. Sans compter de vrais défis que devront relever les équipes aussi bien techniquement que socialement, rappelle le Wall Street Journal. A commencer par la question du nombre de particules nécessaires pour que le système fonctionne correctement dans le corps. Vient ensuite la manière d’administrer ce « médicament ». Ce système serait soumis à une réglementation bien plus dure et exigeante qu’un outil de diagnostic conventionnel, prédisent des experts en nanotechnologie. D’un point de vue social, la question de la vie privée et du traitement des données récoltées est également importante. Elle ne sera pas forcément la plus facile à régler.

Le Dr Conrad expliquait que Google ne récupérera pas, n’y ne stockera ses données lui-même. Le géant américain licenciera cette technologie à d’autres sociétés. Pour l’instant, le projet en est à ses débuts et mobilise plus de cent personnes au sein du laboratoire de Google, en provenance de domaines aussi divers que l’astrophysique, la chimie ou l’ingénierie électrique. Google ne donne pas d’indication sur les sommes dépensées dans ces recherches qui pourraient sauver la vie de millions de personnes à travers le monde.

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